Une union à plusieurs, pour peser plus sur le marché international

Une union à plusieurs

Pour peser plus sur le marché international

Le marché ferroviaire devient mondial. Pour aller conquérir des marchés au-delà de nos frontières, les sous-traitants du ferroviaire doivent s’unir pour peser plus. Depuis des années, l’Association des industries ferroviaires prône le regroupement. Le premier d’entre eux a vu le jour mercredi.

PAR VÉRONIQUE BERTIN

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VALENCIENNES.

« Vingt personnes, c’est petit. Cent personnes, ce n’est plus la même chose. On pèse et on peut aller plus loin ensemble. » En une phrase, Denis Wautier, président de la société Socomet basée à Saint-Quentin (bureau d’études spécialisé en ingénierie, 21 salariés), résume la signature qui vient d’avoir lieu, l’acte constitutif de la société Axelium ingénierie.

UN COUP DE FIL ENTRE VALENCIENNES ET SAINT-QUENTIN

Tout a démarré en mars quelque part entre Saint-Quentin et Valenciennes. Le préfet et le directeur de l’Association des industries ferroviaires (AIF) lui ont parlé de l’idée de groupements ferroviaires pour proposer des offres globales notamment à l’export, là où se trouvent les contrats à remporter. Il a décroché son téléphone pour en parler à Arcangelo Schena, directeur commercial de Cimes (spécialiste en simulation numérique, 25 salariés Valenciennes), convaincu lui aussi de la nécessité de se regrouper pour se tourner vers l’étranger, « une petite société géo localisée dans le Nord – Pas-de-Calais et seule n’a pas d’avenir économique. Ce regroupement est une nécessité sinon on risque de disparaître». Valutec (soutient des entreprises dans leur démarche de recherche et d’innovation, filiale de l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, 21 salariés) et JDM (33 personnes spécialistes de la maintenance) ont rejoint le groupement pour « vendre et réaliser des projets globaux » et être« innovants ». « Si on veut résister à la mondialisation, il faut avoir un front office commun pour avancer sur des domaines où on n’oserait pas aller », note Jean-Pierre Cartellini, directeur général de Valutec. Denis Wautier a déjà démarché des clients historiques, très intéressés par la démarche, « le terreau est là ». Et pas que dans le ferroviaire. Axelium va pouvoir se mettre au service de la défense, de l’aéronautique ou de l’industrie lourde. Diversifier l’offre car c’est aussi là l’un des enjeux pour l’avenir. L’Association des industries ferroviaires est à l’origine de cette démarche et a recruté pour se faire Étienne Roussel, du cabinet Cohésium. Lui a aussi sondé les marchés et surtout il a préparé les regroupements. Car il ne s’agit pas de faire n’importe quoi n’importe comment. Il s’assure donc de « la compatibilité humaine et stratégique ». Les sociétés ne doivent pas se faire concurrence mais doivent pouvoir faire preuve « d’intelligence collective ». D’autres groupements sont en gestation mais ça à un coût, « 30 à 35 000 € et huit mois de travail » financés sur fonds propre de l’AIF. Héric Manusset préfère donc en faire peu mais bien.

VDN